Emission réalisée en 1999. Revenu à une formule ” solo avec musiciens ” et plutôt acoustique, Mousta Largo affirme ses influences arabo-andalouses dans son album ” Mektoub ” aux accents salsa, reggae, chaâbi et flamenco mélangés. Pour oeuvres en chantier, il est retourné aux sources de sa musique, de Molenbeek à Grenade, la capitale andalouse, d’où il nous livre ses états d’âme. Il se plaît à dire qu’il a deux passés mais un seul futur. Né en Belgique de parents marocains, Mousta Largo a développé au fil du temps une fascination pour la culture andalouse. D’abord parce que ses multiples retours estivaux au pays passaient immanquablement par cette région d ‘Espagne. Ensuite parce que son père était originaire d’une enclave espagnole au Maroc, et a même combattu pendant la guerre civile espagnole.

Enfin parce qu’il puise désormais son inspiration dans le brassage des cultures musulmanes, juives et chrétiennes qui se côtoyaient allègrement en Andalousie entre le VIIIème et le XVème siècle… Après six années passées au sein du trio Largo, un album ” Dounia ” et plus de deux cent concerts qui ont conquis un très large public tant en Belgique qu’à l’étranger, Mousta nous revient avec une formation moins centrée sur les machines. Délaissant un peu ses claviers et autres échantillonneurs, Mousta Largo (puisqu’il chante désormais sous cette dénomination) se tourne vers des instruments plus traditionnels, du tambourin au djembé, en passant par derbouka, banjo et autre guembri. Et l’album qui en résulte, ” Mektoub “, est un heureux mélange de sonorités, centré sur une idée de voyage musical entre reggae, salsa, chaâbi, flamenco bercés de mélodies arabo-andalouses. Considéré en Belgique comme l’une des rares figures emblématiques d’origine maghrébine, Mousta a désormais pour ambition d’être reconnu avant tout pour la qualité de sa musique et plus uniquement par son identité marocaine… Oeuvres en chantier a suivi Mousta à la recherche de ses fantômes, entre un concert à Molenbeek, une fête chez la chanteuse juive Myriam Fuks avec quelques turbulents gitans du Rajasthan, et un voyage à Grenade, passant d’un mélange de cultures à l’autre. L’occasion d’une réflexion sur ses origines, lui qui ne se sent ni belge ni marocain, et donc probablement entre les deux, andalou !

 

Reportage réalisé par Philippe Corner